Interview avec Alice Boinet : co-programmatrice du festival Art Rock 2017

À l’occasion de la 34ème édition du festival Art Rock à Saint-Brieuc, nous avons eu la chance de rencontrer l’un des piliers du festival, Alice Boinet, co-programmatrice. C’est avec enthousiasme qu’elle a répondu à nos questions alors que nous avons voulu en savoir davantage sur les coulisses d’un évènement d’une telle ampleur.

Depuis combien de temps êtes-vous en charge de la programmation de ce festival ?

C’est une histoire de famille. Le festival existe depuis 34 ans, c’est mon père, Jean-Michel Boinet, qui l’a crée. Il est toujours le directeur et le programmateur du festival. Je suis venue me greffer il y a 2 ans et maintenant on travaille à quatre mains sur la programmation du festival.

Avez-vous une autre activité en parallèle durant le reste de l’année ?

Non, c’est un job à plein temps. C’est difficile à imaginer quand on ne travaille pas là-dedans mais c’est très prenant parce que le festival a une programmation pluridisciplinaire dont des expositions, des spectacles, des concerts… Il faut sans cesse voir de nouvelles choses, rencontrer de nouveaux artistes. Ensuite il faut faire la sélection, négocier… Pour faire tout cela, il faut des lieux, des subventions, des partenaires… C’est un travail de longue haleine. Nous sommes cinq au bureau à plein temps toute l’année et travaillons d’arrache-pied pour faire en sorte que ces trois jours soient superbes.

Comment décririez-vous ce travail en amont avec votre père ?

On s’entend très bien. De temps en temps, forcément, on s’engueule parce qu’on fait la programmation ensemble mais du coup, on essaie de se convaincre : « ça je te jure c’est vraiment bien, fais moi confiance… ». C’est un travail assez marrant. Ce sont des échanges mais c’est facile de travailler avec lui parce que je le connais très bien et inversement.

D’ailleurs, votre équipe se renouvelle t-elle régulièrement ?

Dernièrement, on a eu pas mal de changements. L’administratrice est arrivée en septembre 2015, Aurélie Denis à la communication est arrivée en février 2016… C’est une équipe assez récente. Pascal Maujard, qui se charge des partenariats et du mécénat est   là depuis quatre ou cinq ans donc c’est une team qui se renouvelle parfois. Cela dépend des attentes de chacun mais là, je trouve que nous sommes un très bon groupe, qui se renforce à l’approche du festival par des services civiques, des stagiaires et évidemment de nombreux techniciens et bénévoles. Cette année, nous en avons près de 550 donc c’est beaucoup de monde pour faire en sorte que les festivaliers et les artistes soient bien accueillis.

A combien estimez-vous la totalité des personnes qui travaillent pour le festival ?

Il y a environ 250 techniciens en plus. Nous travaillons aussi avec des entreprises prestataires. Par exemple, les scènes sont montées par l’entreprise Stacco basée à Strasbourg. Idem pour Kronenbourg qui nous donne de la bière alors oui, il y a beaucoup de gens qui gravitent autour de ce festival pour ces trois jours.

Malgré votre emploi du temps chargé, avez-vous eu l’occasion de profiter des spectacles ? 

J’essaie toujours de voir au moins un petit bout de chaque concert, de chaque spectacle. Voir comment réagit le public aussi, c’est important. Si cela plait ou non, si techniquement tout marche et se mettre à la place du festivalier pour voir comment est-ce perçu. C’est une programmation qui vient du cœur, on travaille dessus depuis un an  et nous sommes fiers. C’est un rush que je vois positivement.

Cette année, quels artistes avez-vous à tout prix envie de voir ?

C’est trop dur comme question ! (rires). Je n’y arrive pas du tout… J’adore la soirée de dimanche car elle est très éclectique. On va aller du RnB avec Abra à la pop avec Thomas Azier, le rock un peu garage des Black Angels, la pop de Metronomy et le trip hop de Archive. C’est une soirée assez magistrale je trouve. J’aime beaucoup l’exposition qui est ouverte au musée de Saint-Brieuc du 30 mai au 11 juin : Fantastic Elements. On y présente des installations d’artistes de renommées internationales. Je suis très fière de présenter cela au public d’Art Rock. Il y a aussi toujours des découvertes sur la Scène B et le Forum. Hier, j’ai adoré Las Aves. Ils viennent de Toulouse et je les trouve géniaux. Ils ont une pêche d’enfer sur scène et leur album est vraiment bien. J’aime beaucoup les deux belges, Roméo Elvis et Coely. Hier je trouve qu’ils ont enflammé le public alors que celui-ci ne les connaissait pas forcément. J’attendais beaucoup de la soirée de ce soir (samedi) au Forum avec The Big Moon, un groupe de jeunes femmes anglaises, Parcels des australiens qui font de la pop… Je viens de les rencontrer, ils sont super cool ! Sans oublier Last Train, un groupe de rock français. Cela devrait être une belle soirée.

Comment arrivez-vous à vous différencier des autres festivals ?

Je pense que ce qui fait l’identité du festival et ce qui le différencie des autres, c’est le fait que l’on ait une programmation pluridisciplinaire, que l’on travaille avec différents genres artistiques : la musique, l’art de rue, le théâtre, la danse, l’art plastique, l’art numérique… Peut-être aussi le fait que nous soyons en centre-ville. Saint-Brieuc est une ville de taille moyenne, de taille humaine. On peut s’y balader entre les différents lieux du festival. Pendant ces trois jours, nous utilisons dix lieux de spectacles. C’est ce côté très taille humaine mais à la fois l’ouverture aux genres artistiques et aux formes artistiques différentes, qui nous différencie des autres.

Comment choisissez-vous les artistes que vous souhaitez programmer sur le festival ?

C’est tout simplement des coups de cœur. Toute l’année on va voir des concerts, des expositions… C’est vraiment ce que l’on pense adorer et ensuite, ce que l’on sait qui va plaire au public d’Art Rock. Certaines fois, nous allons voir un groupe que l’on trouve génial mais on se dit que cela ne va pas fonctionner dans le lieu du festival. Ensuite, c’est de la répartition entre lieux et négociations avec le groupe pour voir s’il est disponible, à quel tarif etc… C’est un grand travail mais c’est très intéressant à faire.

Quels artistes aimeriez-vous accueillir l’année prochaine pour la 35ème édition d’Art Rock ?

C’est compliqué à dire parce que cela dépend des albums mais par exemple, c’est une honte, je trouve, (rires) que le festival n’ait jamais accueilli Etienne Daho. Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais finalement cela n’a jamais marché et c’est vrai que cela serait vraiment un rêve. Je pense qu’il nous a tous marqué.

Nous tenions à remercier Alice Boinet de nous avoir accordé de son temps. Félicitations pour cette 34ème édition du festival, ce fut un plaisir d’y assister. Bon courage pour la préparation de la suivante et rendez-vous l’année prochaine !

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Exposition au musée de Saint-Brieuc : Bit.Fall de Julius Popp

 

© Image à la Une : Alice Boinet et Jean-Michel Boinet

Par Nina Uzan

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